Published On: sam, nov 20th, 2010

Toqué de Tokyo.

Ou le point de vue de l’esprit Canal sur la capitale japonaise… Toqué de Tokyo… voila un titre étrange…
A la rédaction, nous sommes plusieurs à être plus ou moins proches du Japon. Seiki, Ixi ou moi-même avons un certain vécu avec ce pays et Ixi a l’esprit encore au pays du soleil levant avec son retour récent de là-bas. Alors ce billet a toute sa place dans nos colonnes.

Lundi 15 novembre dernier, Canal Plus proposait un documentaire/reportage sur Tokyo, cette mégalopole japonaise avec ses 33 millions d’habitants (Tokyo et banlieue proche). Généralement ce genre de programme est réservé au dimanche après-midi avec la case « Les nouveaux explorateurs », qui offre des formats 45 minutes de grande qualité. Alors à quoi pouvais-je m’attendre pour cette production d’une heure vingt cinq ?

Antoine De Caunes faisait office de guide pour nous donner une vision plutôt décalée de cette ville, comme avec ses précédents voyages à Berlin, pour ne  citer que ceux-ci.

La présentation était pourtant très claire, vous allez voir une ville de Tokyo comme vous l’avez rarement vue ! Autant vous prévenir de suite, ayant vu des dizaines de reportages sur le Japon et avec des voyages à mon actif, je ne m’attendais pas à grand-chose de nouveau avec ce programme.

Premier plan, De Caunes dans un pousse-pousse, habillé en tenue « traditionnelle » et coupe à la samurai, pourquoi pas, mais sur un Gaïjin cela sonne faux… Bref, ce n’est qu’un détail et venant de sa part, il faut le prendre au second degré… comme une grande partie du reportage qui suit.

La première chose qui frappera ceux qui n’ont pas l’habitude du bonhomme, c’est le ton employé durant tout le reportage. Il est TRES décalé et l’on peut se demander si par moments il n’est pas un brin moqueur, mais tout cela n’est que de la mise en scène et il faut dire que certains moments « bidesques » valent le coup d’œil. On aime ou pas, moi cela ne m’a pas vraiment posé de problème au final.

Côté contenu, les 85 minutes sont découpées en plusieurs thématiques :
Des clichés Kawaï et du statut de la femme pour commencer, s’il ne faut retenir qu’une chose, c’est l’émancipation de celle-ci ces dernières années. Car il est vrai qu’au Japon, la femme a rencontré les pires difficultés pour vivre sa vie pleinement, sans dépendre de SON homme. Alors quand on sait qu’aujourd’hui le taux de natalité est en chute libre depuis des années, c’est tout simplement parce que les filles ne veulent pas ressembler à leurs mères. En clair, les japonaises ont pris leur destin en main.
A la suite de ce chapitre, Antoine fait un léger détour par le festival de la fertilité, et ce Japon qui voit sa démographie fondre comme neige au soleil a bien raison de se rassurer en défilant avec ces verges dressées vers le ciel… comme un appel aux divinités pour rétablir l’ordre de reproduction dans le pays. Notre guide d’un soir décide par la suite de partir à la rencontre des mâles nippons, et après l’affirmation des femmes, quel meilleur cliché trouver que celui des hommes androgynes ?
Nous connaissons tous les bars à hôtesses, mais au Japon il en existe aussi avec des hommes, à l’allure métrosexuelle et très efféminée pour la plupart de ces « call-boys ». Et l’alcool coule à flot pour tenir le plus longtemps possible les jeunes (ou moins jeunes) femmes à table, du moment qu’elles paient (on annonce une addition de 400€ pour ce genre de soirée).
Les clichés se poursuivent avec le SUSHI. Et comment ne pas en parler lorsque l’on est sur place ?
On nous apprend que pour la première fois, la consommation de viande est passée devant celle du poisson au Japon, et que sur Tokyo c’est la faute à Disney (ou presque…). De Caunes s’offrant, au passage, une dégustation de 20 sushis pour 200€ (ça a du bon d’être « journaliste »).
Mais il ne faut surtout pas penser que la gastronomie japonaise ne se résume qu’au sushi et une parenthèse Ramen / Kaïseki est faite… ouf l’honneur est sauf.
Pourquoi s’arrêter en si bon chemin avec notre estomac et pourquoi ne pas y joindre le plaisir ?
Café à chats, où vous pouvez y louer un félin durant quelques heures… Baby café, exclusivement réservé aux femmes enceintes et interdit aux enfants de moins de sept ans… Et bien sûr, le dernier qui fera plaisir à notre Ixi, le Maid Café où vous êtes accueillis et servis par de charmantes demoiselles en tenues de soubrettes.

A mi-chemin, je me dis qu’à ce moment, rien de bien transcendant si l’on s’intéresse un minimum au Japon et à sa capitale, alors autant poursuivre le visionnage pour s’en faire une idée complète. Après tout, il faut toujours aller au bout de ce que l’on commence.

Pour beaucoup de monde, le Japon rime avec technologie et ni une ni deux, c’est ce chapitre que l’on aborde à présent…
M. Nakamatsu, l’inventeur de la disquette, est le premier à être présenté avec ses milliers de brevets, comme le vélo à énergie hydraulique ou d’autres bizarreries. L’homme est plus connu maintenant pour sa crème qui développe la libido, mais il n’en sera pas pipé mot dans ce reportage.
Tout occidental qui est allé au Japon a pu s’essayer à une chose, les toilettes chauffantes à jet d’eau dont Toto est le fabriquant n°1 dans le monde. On tente de nous expliquer que ce succès est lié aux hémorroïdes provoquées par la surconsommation de riz par nos amis japonais, et que le jet soulagerait ce mal. Pourquoi pas, je ne suis pas allé vérifier.
Après le cul, revenons au pénis, car le festival de la fertilité n’est pas le seul moment de la soirée où l’on nous en parlera. Un petit tour chez Tenga pour présenter le produit phare de la marque, son masturbateur, parfaitement mis en avant par le champion du monde de branlette (ça ne s’invente pas…) qui a maintenant son sexe en érection durant des heures grâce à un autre produit de la marque, un œuf.

Transition oblige, autant le faire bien, alors quand on aborde le rang des Otakus et que l’on vient de parler de sexe, pourquoi ne pas passer par le jeu Love Plus…
Love plus est une simulation de petite amie, Ixi vous en reparlera bientôt croyez moi, et bien entendu le japonais rencontré à cette occasion ne pouvait être que celui qui s’est marié sur internet avec sa copine, euh console… Une DSi XL finissant même dans l’eau me fit crier : « aaaaaaaaaaaaaaaaaarghhh non pas la DS !!!!! ».
Un rapide détour par Dany Cho, car il représente aujourd’hui un passage quasi obligatoire quand il s’agit de parler de goodies et de technologie « otakisme », et qui a une excellente définition de l’Otaku en disant qu’il en existe de tous les genres… Otaku des jeux, des livres, des jouets… en occident on appelle ça un collectionneur en clair. Les Dolls ne seront pas oubliées et il est dit que l’on en achète pas, mais qu’on les adopte… les japonais sont vraiment différents doivent penser les spectateurs à ce moment…

Petit moment de nature et de culture avec la période Sakura (floraison des cerisiers), l’art des Bonzaïs ou encore les Idols d’un temps qui défendent avec acharnement la campagne et ses fermiers. Mais aussi les collectionneurs d’insectes en tout genre et le marché très lucratif qui en découle au Japon.
Nous approchons de la fin du documentaire et nous n’avons pas abordé l’animé ou le manga, mais ce n’est pas grave puisque le cinéma gore et les films d’arts martiaux vont y passer.
Le japon a en effet une grande production de série Z et cette petite parenthèse m’a bien intéressé car il est rare que l’on en parle. Et le rapport avec les arts martiaux ? Tout simplement, l’introduction de Rina Takeda, jeune prodige du karaté nippon, qui s’est lancée dans une carrière cinématographique dans les films d’actions… à suivre.

Dernière ligne droite à présent, avec la nuit tokyoïte, celle que l’on appelle aussi Tokyo Décadence.
Nous sommes ici loin des boites de nuit parisiennes très Bo-Bo et comme le nom du reportage s’appelle Toqué de Tokyo, pourquoi faire dans la dentelle. Art du corps, voilà ce qui nous sera présenté dans cette dernière partie, entre piercing, scarification, langue fendue et tatouage à l’extrême. Mais le top du top est l’injection de solution saline sous la peau pour modeler celle-ci afin de créer des formes plus ou moins étranges comme des espèces de donuts sur le front. On tient enfin la sensation de la soirée !

Alors que retenir de cette vision à la De Caunes après ces 85 minutes ? Pour ma part, peu de découvertes et un ton très décalé qui ne plaira pas à tout le monde (mon amie Kanel n’ayant pas du tout apprécié). Par moment, une vision trash d’un Japon qui ne fait que vivre pleinement ses délires et qui peut paraitre étrange à nous autres occidentaux. Mais au final, les japonais ne vivent pas plus différemment leurs passions que nous les vivons autour de l’Atlantique, c’est juste que la façon de faire est bien loin des clichés de retenue et de timidité que l’on a l’habitude de nous vendre concernant ce pays… Mais après tout, la France n’est-elle pas vendue comme le pays de la gastronomie et de la mode à travers le monde, alors que de mon point de vue nous avons perdu depuis longtemps, au détriment d’autres pays, ces deux facettes si « bon vivant » et « glamour ».

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